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Pour adopter le jargon militaire, plus particulièrement, celui de la Légion étrangère française, on pourrait dire que Microsoft vient d’ordonner aux troupes de Windows Vista un déploiement en “marche ou crève”. Car dans quinze jours d’ici, XP aura vécu. Ses couleurs seront remises aux armées de Vista lesquelles seront désormais les seules autorisées à défendre l’Empire. Non sans désinvolture, le généralissime Ballmer a en effet abaissé son pouce sur le sort de Windows XP. “Morituri te salutant!” ont alors scandé les troupes. Du coup, on a quasiment entendu défiler la Légion sous l’air de “Y aura du boudin, y aura du boudin !”, une légion prête au “baroud d’honneur” advenant que les renforts promis, ceux de Windows 7, ne surviennent pas à temps.
Le pire, c’est que ces images romantiques semblent quasiment vraies. Microsoft semble en train de rééditer, à sa façon, la Charge de la brigade légère. Mais pour utiliser une formule plus terre à terre, disons qu’à partir du 30 juin prochain, malgré les sites “Save XP”, les fabricants de PC ne pourront plus offrir Win XP dans leurs machines, sauf dans le cas de certains modèles résolument bas de gamme ou dans le cas des Ultralight PC. Quant aux revendeurs de logiciel, ils ne pourront plus s’approvisionner chez Microsoft en ce qui a trait à Windows XP. Si les Hewlett Packard, Acer et Lenovo semblent se faire tirer l’oreille, Dell a annoncé qu’elle mettait fin définitivement à son offre XP, dès demain, le 18 juin. Côté soutien, XP bénéficiera de toute la gomme jusqu’à quelque part en 2009, puis d’une façon plus restrictive jusqu’en 2014.
Pourtant, le 14 mai dernier, la firme de recherche Evans Data publiait les résultats d’une étude vraiment pas jojo pour Vista (Evans Data’s Spring 2008, North American Development Survey) démontrant que seulement 8 % des développeurs nord-américains de logiciels étaient à l’œuvre en giron Vista, alors que 49 % écrivaient encore des programmes pour Win XP. Pire, en 2009, seulement 24 % estiment qu’ils migreront finalement vers Vista, contre 29 % qui pensent bien rester fidèles à XP. En additionnant à XP toutes les versions de Windows, dont Server 2003 et 2008, on obtiendrait pour l’Amérique du Nord, un petit 67% de l’ensemble des développeurs qui pensent travailler sous une forme quelconque de Windows in 2009.
“Les dévelopeurs pratiquent une approche “wait and see” par rapport à Vista, a commenté le PDG d’Evans, M. John Andrews. Le nouveau système d’exploitation a plus que sa part de problèmes et, conséquemment, la volonté de quitter XP à l’intérieur de la plateforme Windows tarde à se faire sentir. Si on ajoute à cela l’intérêt envers l’alternative (i.e. Mac OS X et Linux), on comprend la faiblesse des activités de développement sous Vista et l’érosion de son acceptabilité.”
Fait à signaler, 15 % des répondants au Evans Data’s Spring 2008 estiment qu’ils travailleront sous Linux en 2009 alors que présentement, ils seraient 13 % à le faire. Et, côté Mac, cette plateforme de développement aurait connu “une hausse de 380 %”, a soutenu le PDG d’Evans (source : Computerworld).
Bref, Vista ne semble pas arriver à intéresser ceux par qui un système d’exploitation (SE) finit vraiment par triompher. Pas de développeurs, pas de programmes; pas de programmes, par d’intérêt ! Pourtant, c’est dans ce contexte que Microsoft démantèle XP et ne considère plus que Vista. “Qui m’aime me suive ! “, semble dire le généralissime.
Justement, va-t-on le suivre ? Est-ce que l’industrie peut se permettre de ne pas le suivre ? Est-il possible pour les boîtes de développement d’ignorer Vista et de continuer quand même avec XP ? Est-ce que la saignée va être significative pour Microsoft au profit du savorama Linux et du Mac OS X ? Je n’ai pas de réponse à toutes ces questions.
Ce que je sais, par contre, c’est que Windows 7 dont le chantier irait bon train, est basé sur Vista. Donc, ce qu’on développe pour XP, contrairement à Vista, devra être rebidouillé pour Windows 7. Tant et si bien que les gens vont probablement “allumer” et considérer Vista avec une autre attitude. Auquel cas, la grogne va s’estomper, puis s’éteindre. On considérera que Vista sera un pré-7 (ou 7 un post-Vista …) et on continuera à gagner sa vie. On n’a pas le choix ! Qui plus est, ne pouvant plus acheter (du moins légalement) XP, les utilisateurs heureux de ce SE, même s’ils sont présentement réfractaires, vont finir par s’habituer, comme ils le firent naguère lorsqu’ils durent, malgré eux, abandonner Win 2000.
C’est probablement tout cela qu’à compris Steve Ballmer en pointant son pouce vers le bas. En ce sens, s’il est vrai que Vista est désormais en mode “marche ou crève”, il est loin de foncer vers un “baroud d’honneur”. Vista, c’est la force d’occupation et de pacification, une force intérimaire qui prépare méticuleusement le terrain pour sa relève de 2009-2010, Windows 7. Rien d’autre ! Je n’irai pas jusqu’à ajouter que cela avait été planifié ainsi, mais c’est de cette façon que cela va probablement se passer.
Quant à XP, tartinez la phrase qui suit au marqueur jaune: “dans un an, on commencera à en parler comme on parle aujourd’hui de Windows 2000″. C’est moi qui le dis !
Source : cyberpresse
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